Le déni de la douance est une chose terrible, à laquelle les enfants et adultes à haut potentiel sont inévitablement confrontés à un moment de leur vie. À l’école, au sein de la famille, dans le monde du travail… Nombreuses sont les occasions de voir sa différence minimisée, ignorée ou niée par les autres.
Car oui, la douance dérange. Elle bouscule les idées reçues, elle remet en question les cadres habituels, elle force à sortir du confort des comparaisons simplistes. Et surtout, elle est bien mal comprise. Être surdoué n’est pas (toujours) synonyme de performance, de facilité ou de réussite. C’est avant tout une façon différente de percevoir le monde, de penser, de ressentir. Un fonctionnement atypique qui, lorsqu’il est nié, invisibilisé ou tourné en dérision, peut causer des blessures profondes et durables.
Pourquoi les gens « n’y croient pas » ?
Premièrement, parce que ces gens ignorent ce qu’est vraiment le HPI. Ils confondent douance et mythe du génie précoce, petit prodige à lunettes qui passe son bac avant la puberté, ou rebelle incompris en décrochage scolaire. (Après tout, c’est ce que disent le cinéma et les journalistes à la télévision)
Or, ces profils existent mais ne sont pas représentatifs des HPI. Être HPI, c’est certes avoir un QI élevé (au moins 130 dans les seuls tests officiellement reconnus aujourd’hui), mais le QI ne fait pas l’intelligence : il n’en est qu’une composante .
Complexité des profils HPI : une réalité ignorée
Si les détracteurs du haut potentiel prenaient le temps de s’informer sur la façon dont on évalue le QI global, ils découvriraient que ce dernier est constitué d’indices, ayant attraits à des champs de compétences très différents : verbal, logique et repères dans l’espace, vitesse, mémoire…
Mais dans les faits, les personnes HPI ne « brillent » pas partout. Ils ont leurs zones de force, mais aussi leurs fragilités.
Certains sont très à l’aise avec les chiffres mais peinent à s’exprimer à l’écrit. D’autres sont doués en musique ou en dessin, mais passent inaperçus dans une école qui valorise avant tout les compétences académiques. Le système scolaire est rarement pensé pour accueillir la diversité des intelligences. A cela s’ajoute la dyssynchronie interne : le décalage entre le développement intellectuel (précoce) et le développement physique ou émotionnel (normal). Cela peut entraîner des maladresses, une image de soi bancale.

L’impact intérieur : entre doute et mauvaise estime de soi
Certaines personnes HPI ont un manque considérable d’estime d’elles mêmes, considèrent la perfection comme la norme et sont impitoyables envers elles-mêmes. Elles oscillent entre paralysie et surinvestissement, craignent l’échec autant que leur propre jugement. Elles peuvent être hypersensibles à la frustration, se comparer sans cesse, et développer des stratégies d’évitement ou d’auto-sabotage.
Un fonctionnement mal interprété
Cette attitude conduit certains psys à diagnostiquer un trouble bipolaire à des personnes HPI qui s’ignorent et comptent sur un professionnel désinformé pour mettre un mot sur leur décalage. Or, si elle relève effectivement d’une pathologie pour un non-HPI, il s’agit simplement d’un manque de compréhension d’un fonctionnement intense dont le problème n’est pas médical.
Or il y a une donnée qui n’est pas prise en compte : l’environnement. Plus cete On appelle cela la « désintégration positive », car si tout va bien le surefficient en ressort chaque fois un peu plus fort et épanoui.
Accepter sa différence pour mieux s’épanouir
Être HP, ce n’est pas être supérieur. C’est être différent. Et cette différence, si elle est mal comprise ou niée, peut devenir un fardeau. Mais reconnue, accompagnée et acceptée, elle devient une force. Il est donc urgent de mieux former les enseignants, les professionnels de santé, les familles, et de donner aux HP les outils pour comprendre leur fonctionnement.
Apprendre à se connaître, à respecter son propre rythme, à ne pas se juger à l’aune d’une norme inaccessible… c’est le début d’un véritable apaisement. Car non, la douance n’est pas une bénédiction ni une malédiction : c’est un chemin de connaissance de soi.
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