Quotient Intellectuel et Haut Potentiel

Qu’est ce que le QI ?

Les tests de QI peuvent être discutables et sont d’ailleurs discutés dans ce qu’ils représenteraient une mesure relative d’une forme de l’intelligence humaine.

Ces tests représentent néanmoins les seuls indicateurs « quantifiables » et reconnus aujourd’hui, lorsqu’ils sont effectués par des psychologues spécialisés dans un cadre règlementé.

Selon la définition de l’intelligence donnée par un comité de chercheurs  réuni par l’American Psychological Association (APA) en 1996 autour d’Ulrich Neisser, le QI évalue ainsi l’aptitude globale et variable entre les individus à traiter des idées complexes dans la vie de tous les jours, à s’adapter efficacement à leur environnement, à apprendre de l’expérience, à s’engager dans des raisonnements variés et à surmonter les obstacles en réfléchissant.

Les tests références les plus connus depuis le début du XXème siècle sont ceux de :

  •  David WESCHLER (1896-1981) le plus utilisé dans le monde constitué d’une batterie de tests variés (une dizaine en général).  L’échelle plafonne à 160 et se décline en 3 tests suivant l’âge.

Pour les enfants (de 6 à 16 ans), le WISC (Weschler Intelligence Scale for Children),

Pour les adultes, il s’agit du WAIS (Wechsler Adult Intelligence Scale).

  • James Mc Keen CATELL (1860-1944), utilisé en Amérique du Nord, va au-delà de 210 (correspond à environ 168 sur l’échelle de Wechsler). Il est à prendre en compte afin d’éviter la confusion et l’amplification d’idées reçues au vu de certains chiffres avancés quelquefois au-delà de 160 (180, 200…).

                               

   Vous pouvez aller sur ce site pour faire une conversion : http://www.davidpbrown.co.uk/psychology/iq-conversion.html

 

Le premier test fut créé à l’origine en 1904 par les français Binet et Simon pour différencier les élèves souffrant d’insuffisance intellectuelle, Wechsler a ensuite été le premier à utiliser l’étalonnage par rapport à une population représentée. L’étalonnage étant remis à jour régulièrement, le test actuel est donc le WAIS IV. (IV depuis 2012, le V serait prévu pour 2022).

Il comporte 5 évaluations

  • Compréhension verbale
  • Raisonnement perceptif
  • Mémoire de travail
  • Vitesse de traitement
  • Aptitude générale

Avec une moyenne européenne à 100, il a été déterminé un écart type de 15 pour Wechsler (de 16 à 24 pour Cattell).

Au-delà de deux écarts types par rapport à la moyenne, c’est-à-dire 100 + 2 x 15 (soit un QI supérieur à 130), on considère alors que la personne est « surdouée » ou “à haut potentiel”.

 

 Courbe de Gauss de la répartition de l’intelligence – échelle de Wechsler

 

Profils homogènes et hétérogènes, complexes et laminaires

Le QI d’une personne est dit homogène lorsque les quatre valeurs des indices ne sont pas séparés par plus d’un écart-type (15 points).

A l’inverse, un QI est dit hétérogène lorsqu’au moins un des indices est séparé des autres par un écart-type (15 points) ou plus

Fanny Nusbaum,  docteur en psychologie, chercheur en neurosciences a proposé de différencier les deux profils  Complexe et Laminaire. Durant près de trois ans, une étude menée au CERMEP (Centre d’Imagerie du Vivant) de Lyon a analysé l’anatomie et les spécificités fonctionnelles du cerveau des enfants dits à « haut potentiel ». Les deux sont des “hauts potentiels“, c’est-à-dire qu’ils présentent des capacités intellectuelles de haut niveau. Le Complexe montre des capacités plutôt hétérogènes. Il est plus créatif, plus visionnaire, mais aussi plus sujet aux difficultés d’apprentissage et de relations sociales, ainsi qu’à la dyslexie ou la dyspraxie. Le Laminaire montre des capacités plutôt homogènes. Il est plus solide et adaptable, mais aussi plus sujet à l’anxiété de performance, au surmenage et à certaines addictions à partir de la fin de l’adolescence.

 


Il est à noter que les tests psychométriques prennent en compte 3 intelligences : l’intelligence logico- mathématiques, l’intelligence visuo-spatiale et l’intelligence linguistique.

Or les hypersensibilités : émotionnelle et sensorielle, qui sont un signal fort relevés par beaucoup de personnes concernées, ne sont pas prises en compte. Il peut donc sembler difficile d’appréhender la possibilité d’être surdoué sans parcours relevant d’une réussite fulgurante ou sans « problème » particulier ou suffisamment » visible.


 

Comme le souligne Franck Ramus, directeur de recherches en sciences cognitives au CNRS et psycholinguiste, à savoir si le QI est une mesure réductrice :

« Pour mieux comprendre ce qu’est le QI et lui retirer son aura de nombre magique et mystérieux, […] c’est simplement une moyenne des performances des principales fonctions cognitives de l’individu. »

Howard Gardner a proposé dans sa théorie des intelligences multiples, huit formes d’intelligence. Bien que ne reposant pas sur des données scientifiques et empiriques, elles valorisent d’autres formes d’intelligence que celles sollicitées à travers les disciplines scolaires traditionnelles ou les tests d’intelligence globale.

Nicolas Gauvrit avance toutefois qu’il ne s’agit pas ici d’une théorie mais d’une hypothèse imprécise, Gardner nommant intelligence les compétences non valorisées.

 

Doit-on pour cela nier l’importance de l’intelligence émotionnelle ?

Et interpersonnelle, intra personnelle, musicale, kinesthésique… ?

Cela fait encore débat.

On peut lire « L’intelligence définie par les tests n’est rien d’autre que la capacité à résoudre rapidement et correctement des questions logiques. Celui qui présentera des résultats supérieurs à la moyenne ne sera pas particulièrement savant, cultivé, ni même performant pour s’adapter à la vie réelle. Rien n’assurera qu’il va être apte à faire de bons choix, à prendre de bonnes décisions, à s’intégrer à une équipe. Si l’élève doué et précoce a déjà rencontré des difficultés dans le cours de ses études, ces difficultés risquent d’être considérablement accrues dans l’univers compétitif du travail professionnel. C’est ce qui semble malheureusement vérifié par les enquêtes faites à propos des enfants surdoués. »

Combien de personnes concernées en France ?

Ils représentent, en France et partout dans le monde,  entre 2 et 3 % de la population (un peu plus de 1,5 million de personnes en France) mais on ne parle ici que des personnes détectées, soit, celles qui ont été amenées à consulter et passer les tests, enfants et adultes. Il y en a évidemment bien plus, si l’on compte les personnes qui l’ignorent, sont dans le déni ou le vivent très bien et n’ont donc aucun besoin de passer ces tests.

Et la détection chez les hauts potentiels ?

Principaux motifs de consultation

Lorsque les enfants rencontrent des difficultés scolaires, ennui, difficultés à se sociabiliser, hypersensibilité posant problème, ou démontrent au contraire d’excellents résultats laissant envisager un changement de classe, il est souvent conseillé aux parents de faire passer les tests de QI (WISC pour les enfants- Wechsle Intelligence Scale for Children).

Ces enfants sont alors « détectés » (le terme diagnostic quelquefois évoqué, rappelle l’identification d’une maladie d’après ses symptômes, ce qui n’est pas le cas.)

A contrario, des adultes, n’ayant pas présenté de problèmes particuliers durant leur scolarité et sans résultats scolaires exceptionnels, pourront rester très longtemps « sous les radars », (ce phénomène est accentué pour les femmes du fait du conditionnement). Ils consulteront souvent lors d’une phase de leur vie au cours de laquelle ils se remettent en question, sont en quête de sens et à la recherche d’eux-mêmes.

Quel intérêt de passer les tests ?

L’identification du haut potentiel a alors pour objectif un éclairage du chemin de vie passée et l’identification de pistes de développement personnel pour le futur.

Un processus d’accompagnement personnel peut alors s’avérer tout à fait adapté pour y voir plus clair et définir un plan d’action afin de s’épanouir avec cette nouvelle donnée.

Afin de ne pas occulter d’éventuels troubles (TDA/H (troubles de l’attention avec ou sans hyperactivité), DYS, Asperger ou autre, pouvant être liés), il est fortement recommandé d’aller chez un psychologue habilité à faire passer les tests WAIS et qui connaisse bien le sujet du haut potentiel.

On peut malheureusement encore constater que peu de professionnels sont formés aujourd’hui à reconnaitre les particularités et les signaux forts des personnes à haut potentiel. Rares sont les formations universitaires qui proposent dans leur cursus une vraie approche de la douance et donc du test. Cela peut engendrer des conséquences dramatiques pour les personnes avec des traitements inadaptés pour dépression, bipolarité ou  schizophrénie, et une médication à tort. On retrouve un même déficit de connaissance sur le sujet dans l’enseignement avec les conséquences que l’on imagine pour les enfants.

Que retenir ?

  • Il est indispensable de passer les tests psychométriques avec un psychologue spécialiste qui connait le sujet. Les tests sur internet n’étant en aucun cas valides.
  • Poser des questions et compter les points ne suffit pas pour conclure sur la thématique de la douance. Seule une analyse pointue du fonctionnement cognitif et émotionnel valide un test de douance.
  • Le biais d’illégitimité, le déni, les idées reçues sur les « surdoués », peuvent également empêcher beaucoup de personnes à envisager le simple fait de l’être et donc de passer les tests.
  • Les tests de QI ne sont pas une finalité et « rater » un test n’est pas une fatalité. Cela ne définit pas une personne mais ils restent à ce jour le seul qui permet de confirmer « officiellement »
  • Certaines personnes ne ressentent pas le besoin de passer les tests de QI car ils se sentent atypiques et peuvent se reconnaître dans les caractéristiques des Haut Potentiels.

 

Le QI n’est pas une fin en soi mais plutôt une étape vers une meilleure compréhension de soi et permet d’ouvrir une porte afin d’apporter des clés de compréhension, une validation, un apaisement, une nouvelle grille de lecture.

 

Plus d'articles

Retour haut de page